Peuples du monde,
Il y a un instant où la terre se tait,
et où le ciel répond.
Ce n’est pas un spectacle.
C’est une ouverture.
Au bord du Jourdain,
Celui qui n’a rien à prouver entre dans l’eau.
Celui qui n’a rien à voler reçoit un nom.
Celui qui n’a rien à imposer révèle une vocation.
Les cieux s’ouvrent
non parce que l’homme a mérité,
mais parce que Dieu se donne.
Et l’Esprit descend comme une colombe :
non comme une force qui écrase,
mais comme une paix qui habite.
Peuples du monde,
vous avez appris à vous définir par la lutte :
par vos blessures, vos échecs, vos appartenances, vos colères.
Vous avez fait de votre identité une forteresse,
et de votre peur une frontière.
Mais le Baptême annonce autre chose :
l’humain n’est pas condamné à se répéter.
Il peut renaître.
Renaître, ce n’est pas oublier.
Renaître, ce n’est pas nier l’histoire.
Renaître, c’est recevoir une source plus profonde
que ce qui vous a brisé.
C’est apprendre à dire :
Je ne suis pas seulement ce qui m’est arrivé.
Je suis aussi ce que je choisis aujourd’hui.
Au Jourdain,
une voix ne prononce pas une accusation :
elle prononce une adoption.
Et c’est là que commence la vocation humaine :
devenir un lieu où le ciel peut demeurer sur la terre.
Non par des discours,
mais par une vie accordée.
Non par des slogans,
mais par des gestes de justice.
Non par la domination,
mais par le service.
Peuples du monde,
si vous voulez que la paix naisse dans l’histoire,
ouvrez d’abord l’espace intérieur
où la paix peut descendre.
Phrase de réinitialisation intérieure :
Je ne suis pas mes tempêtes : je suis la source qui choisit la paix.
Alors les cieux s’ouvriront encore,
non au-dessus d’un fleuve lointain,
mais au cœur des maisons, des villes, des peuples —
là où un être humain ose renaître.